Attestation de congés payés : les mentions à vérifier et le modèle à compléter

Attestation de congés payés : les mentions à vérifier et le modèle à compléter

Lors d’un départ, d’un changement d’employeur ou d’une demande de justificatif, l’attestation de congés payés permet de retracer les droits du salarié : jours acquis, congés pris, jours indemnisés et solde restant. Elle limite les risques de double comptabilisation, d’oubli ou de mauvaise interprétation. Dans le BTP et la sous-traitance, cette expression peut toutefois désigner un document de conformité différent.

À quoi sert réellement une attestation de congés payés ?

Dans son sens le plus courant, l’attestation de congés payés est un document nominatif établi par l’employeur. Elle récapitule la situation du salarié sur une période de référence donnée. Elle est particulièrement utile lorsque le contrat prend fin avant que tous les congés soient pris, ou lorsque le salarié rejoint rapidement une nouvelle entreprise.

Calcul du solde de congés payés

Saisissez les jours acquis, pris et indemnisés pour obtenir le solde restant.

Nombre de jours cumulés.

Solde restant

Solde restant = jours acquis − jours pris − jours indemnisés

À vérifier : conservez la même unité pour les trois valeurs — jours ouvrables ou jours ouvrés. Vérifiez également le résultat avec vos bulletins de paie, votre convention collective et, le cas échéant, les règles de la caisse compétente.

Son objectif est de rendre les droits lisibles. Le salarié, le nouvel employeur ou le service RH peut distinguer les jours déjà consommés de ceux qui ont été réglés sous forme d’indemnité compensatrice. Le document complète les bulletins de paie et les documents de fin de contrat, sans les remplacer.

Congés acquis, pris, indemnisés : ne pas confondre les lignes

Les congés acquis correspondent aux droits constitués pendant le travail effectif ou les périodes assimilées. La règle générale repose sur l’acquisition de 2,5 jours ouvrables par mois, soit 30 jours ouvrables ou 5 semaines pour une année complète. Les congés pris sont les absences effectivement posées et déduites du compteur. Les jours indemnisés correspondent aux congés non pris qui donnent lieu à une indemnité compensatrice lors de la rupture du contrat.

Cette distinction est décisive : un jour indemnisé ne doit pas apparaître comme un jour encore disponible. Le solde restant se calcule donc après déduction des jours pris et des jours déjà réglés. Cette vérification est particulièrement utile lors d’un changement d’employeur, lorsque les informations doivent être transmises sans ambiguïté.

Les informations à vérifier avant de remettre ou signer le document

Il n’existe pas de formulaire administratif unique applicable à toutes les entreprises. En revanche, une attestation exploitable doit identifier clairement le salarié, l’employeur, la période concernée et les droits à congés. Plus le document est précis, moins il laisse place à une contestation ultérieure.

Rubrique Informations à faire apparaître
Identification Nom et prénom du salarié, coordonnées ou raison sociale de l’employeur, éventuellement matricule.
Contrat Date d’entrée, date de fin effective du contrat et, si utile, nature du contrat.
Période de référence Dates de début et de fin de la période sur laquelle les droits sont calculés.
Compteur de congés Jours acquis, jours pris, jours indemnisés et solde restant, avec l’unité utilisée.
Validation Date d’établissement, nom et fonction du signataire, signature de l’employeur ou du service compétent.

Jours ouvrables ou jours ouvrés : l’unité doit rester cohérente

Un même solde peut sembler différent selon qu’il est exprimé en jours ouvrables ou en jours ouvrés. Les jours ouvrables couvrent en principe tous les jours de la semaine, sauf le jour de repos hebdomadaire et les jours fériés habituellement non travaillés. Les jours ouvrés correspondent aux jours effectivement travaillés dans l’entreprise. L’attestation doit indiquer l’unité retenue et rester cohérente avec les bulletins de paie, le règlement interne et la convention collective applicable.

Ne vous fiez jamais à un chiffre isolé. Vérifiez la période réellement travaillée, les absences déjà décomptées, les congés conventionnels éventuels et la méthode de calcul appliquée dans l’entreprise. Cette vérification évite un piège fréquent lors d’un changement d’employeur : comparer deux compteurs exprimés dans des unités différentes et croire, à tort, qu’il manque des jours.

Un modèle d’attestation de congés payés à compléter

Le modèle ci-dessous peut être repris dans un document Word, un PDF ou un export de logiciel RH. Adaptez-le à la situation réelle du salarié et contrôlez chaque donnée avant la signature.

Attestation de congés payés

Je soussigné(e), [nom, prénom et fonction du représentant de l’employeur], agissant pour le compte de [raison sociale et adresse de l’entreprise], atteste que Mme / M. [nom et prénom du salarié], employé(e) du [date d’entrée] au [date de fin du contrat], présente la situation suivante au titre de la période de référence allant du [date] au [date] :

  • Congés payés acquis : [nombre] jours [ouvrables / ouvrés] ;
  • Congés payés effectivement pris : [nombre] jours [ouvrables / ouvrés] ;
  • Congés payés indemnisés : [nombre] jours [ouvrables / ouvrés] ;
  • Solde de congés restant : [nombre] jours [ouvrables / ouvrés] ;
  • Indemnité compensatrice versée, le cas échéant : [montant ou mention « néant »].

Fait à [lieu], le [date].

Nom, qualité et signature de l’employeur ou de son représentant.

Avant de transmettre le document, vérifiez que les jours indemnisés correspondent bien au solde de tout compte et que les périodes mentionnées ne mélangent pas plusieurs exercices. Un export issu du suivi des absences réduit les erreurs de ressaisie, à condition que les validations de congés aient été enregistrées correctement.

Départ, CDD, temps partiel : à quel moment remettre l’attestation ?

À la fin du contrat, l’employeur remet notamment le certificat de travail, le reçu pour solde de tout compte et, lorsque la situation l’exige, l’attestation destinée à France Travail. L’attestation de congés payés n’a pas le même statut que ces documents de fin de contrat. Elle reste toutefois un justificatif utile lorsque la situation des congés doit être détaillée.

En cas de congés non pris

Lorsque le contrat prend fin et que le salarié n’a pas pu prendre tous ses congés, une indemnité compensatrice de congés payés peut être due. L’attestation doit alors faire apparaître séparément les jours concernés et, si nécessaire, préciser qu’ils ont été indemnisés. Le salarié conserve ainsi une trace claire des droits utilisés et des sommes réglées.

CDD et temps partiel : les droits restent traçables

Un salarié en CDD ou à temps partiel est concerné par le suivi de ses congés. Le calcul peut être effectué au prorata lorsque le départ intervient en cours de période, mais l’organisation du temps de travail ne justifie pas un document imprécis. La convention collective peut aussi prévoir des règles particulières ou des congés supplémentaires. Ces droits doivent être identifiés séparément pour ne pas être confondus avec le congé légal.

Document manquant, BTP et attestation de vigilance : choisir le bon interlocuteur

Si l’attestation est absente ou perdue, le salarié peut demander un duplicata par écrit à son ancien employeur ou au service RH. Une demande datée, précisant la période de référence et les documents recherchés, facilite le traitement. En cas de refus persistant ou de désaccord sur le solde, conservez les bulletins de paie, les demandes de congés et les échanges écrits avant d’envisager un recours devant le Conseil de Prud’hommes.

Dans le BTP, la caisse de congés payés peut intervenir

Dans les secteurs relevant d’une caisse de congés payés, notamment dans le BTP, les droits peuvent être gérés par une caisse compétente telle que la CIBTP. Le salarié ou l’entreprise doit alors s’adresser à l’organisme concerné pour obtenir les informations liées aux périodes d’acquisition, à la prise des congés et à leur paiement. La période applicable peut varier selon le régime professionnel. Vérifiez donc les règles de la caisse avant d’utiliser un modèle standard.

Ne pas confondre avec l’attestation de vigilance

L’attestation de vigilance ne concerne pas le solde de congés d’un salarié. Elle intervient dans la relation entre un donneur d’ordre et un sous-traitant, afin de vérifier la régularité de certaines obligations sociales, notamment le paiement des cotisations. Elle répond à une logique de conformité B2B et de prévention de la solidarité financière. Un donneur d’ordre qui contrôle un sous-traitant ne doit donc pas demander au salarié une attestation de congés payés à la place de ce document.

Pour aller plus loin

Le fichier à déposer est la déclaration de non-condamnation et de filiation, signée · Dossier de surendettement : modèle de lettre et conseils pour une recevabilité immédiate · Courrier de clôture d’un PEL : les 6 mentions qui sécurisent le virement · Peut-on racheter une assurance décès ? Clause de rachat, capital réduit et pièces à joindre · Clôture de Livret A : 3 documents obligatoires et 15 jours de délai légal